La Marque

Le team BPS

Formidable aventure que celle de BPS. Toute une «famille» de passionnés aux côtés de Jacques et Henri Boudet, relèvent le challenge de devenir les premiers constructeurs français de machines de tout-terrain !

A la fin des années 60, Jacques Boudet es! connu à Villefranche-de-Rouergue pour y tenir une concession automobile Simca. Ça, c’est

son métier, pour ce qui est du loisir, Jacques roule en motocross sur une Bultaco, avant d’élargir son champ d’activité à l’importation des motos de cross anglaises AJS. De plus, il est le Président du Molo Club Rouergat, ce qui complète avantageusement son CV de motard ! C’est à l’occasion d’une rencontre sur le terrain que va naître la firme BPS. En effet, dans le cadre d’entraînements hivernaux sur le circuit de « Bailly » à Laguépie, Jacques s’attarde à converser sur le bord de piste avec Gilles et Denis Portal afin de leur exposer son projet de construire une moto française de tout-terrain. Jacques est un visionnaire doublé d’un passionné, il possède une bonne expérience en matière de gestion d’une société. Quant aux frères Portal, leur science du pilotage et leur ingéniosité mécanique sont reconnues de tous ! Avec Jacques et Henri Boude! d’un côté et Gilles et Denis Portal de l’autre l’association de compétences débouche en 1970 sur la concrétisation du projet.

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Boudet et Portal : La BP !

Le quatuor décide de baptiser leur bébé BP (Boudet-Portal). Un écueil de taille les en empêche pourtant, la société pétrolière BP existe déjà depuis fort longtemps, il faut trouver autre chose. Cependant, au début, les premiers prototypes se nomment BP. Il s’agit d’une moto légère et novatrice, le cadre est de forte inspiration Maïco et le moteur un Puch 125. La particularité de la moto est de posséder un réservoir de carburant à la place du boîtier filtre à air, et vice versa. Ceci a pour but d’abaisser le centre de gravité, nous sommes en 1971.

La machine reste au stade de prototype et sert de base au développement des futures productions qui en 1973 se nomment BPS.

“Tonton” Seurat ayant apporté la lettre S, désireux de prendre part à la belle aventure. La production est installée dans le garage route de Toulonjac, c’est là que naît l’embryon d’usine, avec quelques passionnés de la première heure. Jacques, Henri, Gilles. Denis. Mais aussi Francis Boyer et Jean Claude Castes dit « Castou », Dominique Connac.

La moto qui fit décoller la marque
La moto qui fit décoller la marque

BPS, top départ

La moto de base se nome “BPS-Elan”, le cadre est fabriqué à l’atelier en tubes d’acier 25CD-4S et soudé par « Caslou ». Les moteurs sont des 125 Sachs à boite 6 vitesses, qui équipent déjà les machines concurrentes et notamment Monark. Passion et l’ambition sont fortes, rapidement naît un team sportif de la marque. En 1973 c’est la participation au Championnat de France d’enduro avec une équipe composée de Jacques Boudet,  Jean-Claude Cosies, Francis Boyer, Gilles et Denis Portal. C’est cette année-là que Gilles Portal remporte la fameuse course à la vache ! Belles dans leur robe verte, les 125 et 175 BPS attirent l’oeil et représentent désormais un élément supplémentaire dans le choix d’une moto d’enduro. En parallèle, BPS fait rouler 2 machines de cross très spéciales aux mains de Gilles et Denis Portal. Denis a en effet préparé une BPS à moteur 400 Maïco for! performante, qui est menée de main de maître dans les courses internationales, elle sera produite en 20 exemplaires.

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Fini la ‘fabrication des 3 motos par jour… En 1974, BPS produit 1100 machines dans l’année et passe à la vitesse industrielle !  L’affectif y perd t’il sa place ? Marcel Seurat et les frères Portal quittent le bateau, chacun ayant leurs propres raisons. A l’impossible nul n’est tenu, les Portal sont de véritables génies en matière de développement mécanique, alors que BPS souhaite travailler sur une grande échelle internationale, et se dirige plus vers de l’importation que de la fabrication pure.

Modèle Silver Vase avec le Sachs 7 vitesses
Modèle Silver Vase avec le Sachs 7 vitesses

Le développement

Les BPS-Boys poursuivent leur carrière avec succès en 1975. L’usine sort 1600 motos de ses entrepôts. Désormais, la firme française importe des motos italiennes SWM pour le cross et l’enduro, sur lesquelles le sigle SWM est remplacé par celui de BPS ! C’est à cette occasion qu’apparaissent les superbes 125 et 175 «Super Élan Six Days». Soucieux d’élargir son panel, Jacques Boudet se dirige également vers le grand public, il se lance dans la fabrication de cyclomoteurs, trial, enduro et route de belle facture. Pour étoffer sa gamme, BPS importe le célèbre Cyclo «Navaho-50cc» à moteur Minarelli. Au cours de cette année 1975, les projets foisonnent et les résultats sportifs son! là, le team remporte 4 médailles de bronze au Championnat du monde d’enduro à l’ile de Man !

L'usine BPS à Villefranche de Rouergue
L’usine BPS à Villefranche de Rouergue

Une nouvelle usine !

Jacques Boudet et sa formidable équipé de passionnés projettent une commercialisation de 2500 machines pour 1976 … 5000 pour 1977 ! On est en plein dans l’ère industrielle et il faut un outil en conséquence. Ainsi, le 5 juillet 1976 est inaugurée la nouvelle usine BPS, implantée à la zone industrielle de la route de Monteil à Villefranche-de-Rouergue.C’est devant la dernière-née de la marque, la 125 Yak, que le député-maire Robert Fabre suivi des Carrier et autres Sinègre David, fait son allocution. Plus de 200 personnes sont présentes et festoient sur le parking immaculé de l’usine où, demain, assiettes en carton et vin rosé laisseront place aux camions de livraison. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, l’activité sportive tient bon la barre avec 2 titres de Champions de France d’enduro 150cc et l25cc. Ca n’est pas tout, le team BPS ramène 2 médailles d’argent et 1 de bronze à son retour des Championnats du Monde d’enduro organisés à Zeltweg en Autriche. En marge de cela, BPS lance l’élude d’un moteur 125cc de compétition tout-terrain. La tâche est confiée à un ingénieur italien, et cela débouche sur un prototype avec admission rotative et boite à vitesses à démontage instantané.

Le propulseur ne sera jamais employé sur les productions de Ia marque,1976 est quand même l’année du renouveau mécanique, avec l’arrivée du nouveau moteur Sachs 7 vitesses. Les nouveaux modèles sont baptisés “Silver-Vase”

Au Salon de la Moto et du Cyclo à Paris
Au Salon de la Moto et du Cyclo à Paris

Au sommet de la courbe

Un changement de taille caractérise les motos BPS pour 1977, le remplacement du moteur Sachs par le Rotax ! Résolument moderne, ce propulseur à admission par disque rotatif sera un redoutable outil de compétition. La machine prend l’appellation RSGS, toutefois, les modèles « Super-Elan » et « Silver-Vase » sont toujours commercialisés. 5000 unités sont commercialisées à ce moment-là, ou travers de 220 concessions, avec un remarquable succès pour le cyclo « Navaho ». Fort d’une croissance extraordinaire, BPS se situe en 1978 ou sommet d’une courbe qui peut devenir fragile. Ce n’est plus que 2500 motos qui sont vendues en 1979… Le marché est partagé entre Ia Yak et les SWM, Aspes importées d’Italie.

La loi des séries se poursuit, en 1980 pleuvent les contraintes, les cyclo à vitesses sont interdits. La cylindrée 125cc pour les jeunes de 16 ans est ramenée à 80cc, tout le marché est remis en cause. L’avenir de BPS aussi… Si l’enduro demeure un marché porteur, un pavé tombe dons Ia mare, Gérald Caro crée “SWM Fronce” et importe Ia marque SWM. En 1981, Les BPS sont des Gori, alors qu’apparaissent des nouveautés, un 50cc mono-vitesse d’enduro et un 80cc à moteur Minarelli. Difficile de pouvoir se recentrer avec tous ces changements et contraintes. Le premier constructeur Français de 2 roues tout-terrain est contraint de stopper son activité en 1983 !

Une partie des technicien avec Henri Boudet
Une partie des technicien avec Henri Boudet

Fin d’une grande et belle aventure

Véritable mythe, BPS fut avant tout basé sur une passion liée au challenge. Créée par Jacques Boudet, cette “famille” allait devenir le plus grand producteur français de motos tout-terrain. Jacques a su incontestablement s’entourer, cela fait partie des éléments  déterminants de sa réussite. Avec son frère Henri à Ia direction commerciale. Dominique Connac à Ia direction technique, Françis Boyer, Jean-Claude Castes et d’autres, tout le monde était debout avant l’appel ! Capable de sortir 5000 machines par an avec 30 personnes aux manettes, BPS a également su se positionner honorablement sur le plan des résultats sportifs.

Costes, Boyer. Lagarrigue, Lloret. Figureau, Portal, Vimond, Fauchet, Vialard… Au-delà des tracasseries de tous poils, d’épreuves, de contraintes, on retient de BPS une formidable histoire d’homme .. Sous la férule d’un leader déterminé qui su rassembler des passionnés et associer les compétences. Entouré d’une équipe soudée et totalement acquise, le staff BPS fil des merveilles. Bien plus qu’une firme spécialisée dons le 2 roues, BPS fut une famille avec ses enfants terribles, ses joies. ses soucis, ses réussites, ses travers…Tous animés par une passion dévorante et une foi inébranlable dans la réussite !

 

Article tiré du Magazine Moto Cross d’Hier avec l’aimable autorisation de son auteur Livio de Nadaï (Email : motocrossdhier (at) wanadoo.fr )